Béatrice Iseni Sophrologue

Le pantin aux grelots et la goutte d’eau – Conte

Pour tous ceux qui souffrent lorsqu’ils se heurtent à un mur : l’inertie ou la connerie du système, quel que soit ce système, professionnel, social, familial, etc …

Je préfère te prévenir, ce un conte est un peu fantasque, comme il n’en n’existe que dans les rêves ou le pays des merveilles. Aussi, je t’invite à t’installer confortablement. Ferme les yeux, et écoute en te laissant porter, sans prêter attention à ce qui te semblerait étrange. Sans chercher à comprendre.

Le pantin aux grelots et la goutte d’eau

C’est l’histoire d’un pantin, tout vêtu de grelots, qui était fort embarrassé de se mettre à tinter et cliqueter, dès qu’une peur le traversait.

Ce fut le cas ce jour-là, dans le bureau du directeur, lorsqu’il dû défendre un dossier, préparé avec soin, depuis plusieurs mois maintenant.

Il avait été le 1er étonné de ce bruit assourdissant qui s’était mis à résonner face à l’inertie et la fin de non-recevoir qui lui avait été opposées. Face aussi à l’attente démesurée de son directeur qui espérait de lui une idée de génie pour que les choses changent … sans que rien ne change … ??? GLOUPS !!!

Un bruit disais-je … celui de ses grelots, assourdissant au point qu’il en avait perdu le fil de ses idées … assourdissant au point qu’il n’avait pas vu arriver … PAF … cette grosse et lourde masse, tout droit tombée du ciel, tout droit venue s’écraser, pile poil à l’endroit où il se tenait.

Feu le pantin grelottant, devenu soudain silencieux, gisait telle une crêpe, écrabouillé, écartelé, sanglant, sous le poids de cette énorme masse.

Contre toute attente, et bien qu’il soit laissé pour mort, le silence fut pour lui comme un 1er soulagement. Si bien qu’au bout de quelques temps, voilà qu’il se relève, déplaçant d’un revers de doigt, l’ancien étau devenu ridicule, à peine plus gros qu’un dé à jouer.

… Que s’était-il donc passé ?

Figure-toi que la taille et le poids de la fameuse masse étaient directement proportionnels à l’importance que notre pantin accordait à l’inertie du système dans lequel il évoluait.

Ainsi, à force de chercher un moyen efficace et pertinent de la réduire à néant, ou tout au moins de la faire vaciller, il avait apporté sa pierre à l’édifice, (c’est le cas de le dire), déjà fort conséquent.

Or, une fois écrabouillé, et par là-même délivré de toute responsabilité, il se trouva face à un ridicule petit dé, qui n’avait plus la moindre chance de faire à nouveau cliqueter ses grelots.

Et lorsqu’il repartit dans son bureau, son dossier sous le coude, d’autres pantins il croisa, ses collègues, remarquant pour la 1ère fois, que certains d’entre eux, comme lui il y a quelques heures encore, déambulaient à l’ombre de la masse, plus ou moins grande, selon le flux des pensées dont chacun l’alimentait.

Quelle histoire !

C’est ainsi que notre pantin s’affranchit définitivement de toute forme de responsabilité qui n’était pas la sienne, mais celle du système, et de tous ceux qui le nourrissaient.

Voilà qui le fit se sentir considérablement plus léger. D’autant que cette fichue masse n’était pas la seule à planer au-dessus de sa tête. Il y en avait aussi d’autres … plus personnelles.

Et c’est à ce moment précis, qu’il aperçut cette fameuse goutte. Celle du colibri.

Combien de fois l’avait-il croisé dans les couloirs, en réunion, ou parfois même au restaurant, à la maison. Jamais jusqu’à présent il n’avait réussi à engager avec elle un semblant de conversation.

C’est vrai quoi … il avait d’autres ambitions, d’autres projets, d’autres rêves, que ce malheureux goutte-à-goutte dont elle semblait se contenter, pire même, se satisfaire, et s’épanouir.

Drôle de petite bonne-femme. Si frêle, et pourtant à la fois si persévérante et résistante, si fraîche et si pimpante, dans ce monde de brutes. Sans doute la naïveté ou la résignation face à l’ampleur de la tâche.

Oui, mais là ce matin, ce pantin n’était plus tout à fait le même. Tout nu sans ses grelots, se relevant doucement d’un éboulement de rocher inattendu, il ne voyait plus vraiment les choses du même œil.

Alors, à son tour, comme toi en ce moment, il s’installa confortablement et se fit attentif au message de la goutte d’eau. Voici ce qu’elle lui dévoila :

« Tu n’as pas d’autre choix que d’accepter l’existence de cette masse informe, comme d’accepter d’interagir avec elle sans chercher à la transformer, ni même accepter d’endosser les demandes de ceux qui souhaiteraient que tu la transformes pour eux.

Cette masse est comme une étendue d’eau trouble, dont la saleté est entretenue par les litres d’eau trouble qui y sont déversés en permanence, mais qui s’éclaircit néanmoins, presqu’imperceptiblement, parfois fugacement, grâce à ces gouttes d’eau claire dont certains, comme moi, l’alimentent.

Te joindre à ce goutte-à-goutte salutaire, c’est comme si enfin, tu acceptais de semer des graines sachant pourtant que la majorité d’entre elles, voire toutes, seront sans doute balayées par le vent ou écrasées par la masse, avant que de toucher terre.

Comme si tu devenais capable de voir une récolte entière anéantie, un bourgeon décapité, une fleur piétinée, sans aucune considération pour le soin et l’amour que tu leur as apportés.

Comme si tu devenais capable de ne pas en être blessé, dégouté, ni découragé, au point de renoncer.

Comme si tu devenais capable de te nourrir du travail accompli, de l’intention posée, et de l’attention donnée, plutôt que du résultat obtenu. Ce dernier ne dépend pas de toi. C’est donc peine perdue.

Dévie ta route de quelques pas. Et rends-toi à la seule source capable d’épancher durablement ta soif de sens. Celle du respect de tes valeurs dans chacun de tes actes, sans jamais te préoccuper de ce que le système en fait, quel que soit ce système.

Si tu continues à te rendre à la source de l’attente que tes valeurs soient prises en compte ou partagées, tu auras soif toute ta vie, et un jour à nouveau, tu seras aplati.

S’il te plaît rejoins-moi. Tu ne l’as pas compris jusque-là, mais c’est de gouttes d’eau claire dont le monde a besoin, pas de litres d’eau charriant des déchets. Or ta colère, ta révolte, ta souffrance, ta fatigue, ton épuisement peut-être, ton découragement, ton dégoût, ta tristesse, troublent autant l’eau que l’inertie contre laquelle ils luttent. »   

Tu sais, il m’a fallu 52 ans, et de multiples vicissitudes, dont un burnout, pour que ce conte descende de ma tête, dans mon corps, puis dans ma vie. Moi aussi, j’ai été aplatie, puis j’ai joué à cache-cache avec la masse. Mais jamais ni elle ni moi n’avons disparu de la surface de la terre. Jamais ni elle ni moi n’avons renoncé à notre nature.

Alors aujourd’hui, à mon tour, je deviens une goutte, et je sème une graine au creux de ton oreille, et qui sait … peut-être de ton cœur.

Prends soin de toi … avec attention.

Avec tout mon Amour.

Béatrice.

Si tu te reconnais, si tu es prêt(e) à devenir une goutte, contacte-moi.

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A bientôt.

Chaleureusement.

Béatrice

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